Une année pour tout changer
Au départ, j'avais pensé écrire un prochain article plutôt marrant, sur toutes ces petites choses qui me font rire chez les américains.
Mais aujourd'hui, j'ai changé d'avis pour privilégier le côté introspectif de cette aventure.
Je ne sais pas si c'est le calme de ce dimanche _ce qui fait du bien aussi, surtout que pour une fois, je n'entends aucun cri dans la maison, autant en profiter pour glandouiller se reposer_ ou l'envie de me remettre au boulot sur mes petites affaires personnelles (CV, book, cours que je planifie de prendre ici...), mais l'heure est à l'approfondissement psychanalytique de mon intériorisation personnelle. (???)
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Dans l'ensemble, je dois dire que les américains sont des gens très gentils. Et aussi très attentionnés.
De là à dire que ce comportement est spontané, je ne m'avancerais pas.
Mais au moins, on se sent très vite valorisé; lorsque vous vous promenez dans la rue, ou entrez dans un magasin, il n'est pas rare que quelqu'un vous complimente sur votre tenue/votre accent qu'ils trouvent si mignon/votre coiffure.
-> question shopping, c'est une technique commerciale redoutable!!
Lorsque vous hésitez dans une boutique/au restaurant/autre, votre interlocuteur vous répondra certainement "No worries, take your time".
Ce qui est bien plus sympa qu'un serveur qui vous précipite parce que la fin de son service est imminente.
(en même temps, les taxes de service n'étant généralement pas comprises dans l'addition finale, il est dans l'intérêt de la personne qui vous sert de se montrer des plus agréables, car son pourboire en dépend!)
De plus, concernant l'éducation des enfants, énormément de parents valorisent le moindre effort de leur progéniture; pas une paire de chaussures enfilée-tout-seul-comme-un-grand, pas une page de coloriage remplie-sans-déborder ni une assiette (presque) finie sans que la mère ou le père félicite son enfant par un "Good job".
D'ailleurs, les surnoms aussi, sont une chose très facile, ici. Les nouveaux amis, les vendeurs, les serveuses de chez Denny's (genre plus Yvette Horner), tout le monde vous donne des petits surnoms sucrés: Sweet Heart, Honey, My Love...
Et ce le plus naturellement possible, comme si la notion d'intimité prenait une note plus légère.
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De mon point de vue personnel, tout ça est relativement agréable. Bien sûr, ne nous faisons pas trop d'illusions, ça ne signifie pas que la personne est soudainement devenue votre meilleur(e) ami(e) et que votre relation est profonde. D'ailleurs, si j'en crois certaines personnes de mon entourage local, cette éphémérité est assez typique de la Côte Ouest, c'est juste une façon de se rendre la vie plus facile, donc autant profiter pleinement de cette sympathie sans se faire de films!
Cela dit, cette proximité n'est pas toujours facile pour moi.
A priori, je ne suis pas une personne particulièrement timide. Ce blog en serait même la preuve.
Et pourtant, si tout est plus simple lorsqu'on est caché derrière son écran, il s'avère que je suis plutôt (très) réservée. Façon polie de dire 'extrêmement timide mais je me soigne'.
Si j'arrête de rire un instant, je dois bien avouer que la communication n'est pas toujours mon fort. C'est même un vrai complexe.
Vous savez, depuis que je suis arrivée ici, j'essaie vraiment de prendre beaucoup de recul sur ma façon d'être, afin de corriger cela, de manière à m'épanouir davantage.
Parce qu'être timide, ça veut souvent dire se sentir bloqué, ne pas pouvoir agir comme on le souhaiterait.
Et lorsqu'on est timide et qu'on ne veut pas que ça se sache, malgré nos efforts, on se tourne souvent vers les personnes auprès desquelles on se sent le plus à l'aise pour prendre la parole, ce qui peut passer pour de l'indifférence auprès des autres. Tout ça parce qu'on ne les regarde pas. Ou plutôt qu'on n'ose pas les regarder.
Je sais, analysé comme ça, ça paraît tout bête, pourtant, c'est la nature même de l'être humain, de tirer des conclusions à partir de faits, réels ou non.
Au grand dam des timides.
Alors, comment faire lorsque l'on a soif de contacts et d'amitiés, et que l'on passe pour une personne distante?
Hmm c'est là que réside mon questionnement sur le fonctionnement des relations sociales.
Et je n'ai pas encore trouvé la solution idéale.
Tout ce que je vois, c'est qu'il me reste énormément d'efforts à faire, ou de changements à opérer pour réussir à me sentir plus à l'aise avec les gens.
Dans la 'vraie vie', je ne compte pas toutes ces fois où j'aurais aimé montrer aux gens que je les apprécie, que je les admire, ou même juste que j'aimerais m'asseoir à la même table qu'eux.
Et je ne saurais pas expliquer exactement pourquoi je ne l'ai pas fait, si ce n'est que je n'ai tout simplement pas osé.
Peur de quoi? Je sais pas.
Encore une fois, vu comme ça, ça paraît con. Mais, encore une fois, c'est moins simple qu'il n'y paraît.
Tant de fois où j'aurais aimé simplement plaisanter sur quelque chose, faire un petit clin d'oeil, un mouvement, et puis où je me suis retenue au dernier moment.
Une blague à propos d'un barbecue, "la prochaine fois, rapportez-moi des chips". Je l'ai acheté, le paquet de chips. Juste parce que ça aurait été drôle de prendre cette blague au pied de la lettre. Et puis finalement, je ne l'ai jamais offert. Peur de passer pour une débile.
♪♫ La Grande Sophie - Quelqu'un d'autre ♪♫
Alors voilà, la chance que j'ai, c'est surtout d'avoir un an pour rencontrer de nombreuses personnes, qui ne me connaissent absolument pas et d'en profiter pour agir différemment, ou tout au moins plus spontanément, afin de me rapprocher tout en douceur de la personne que j'aimerais être.
Pas aisée, comme situation, mais pas perdue d'avance: c'est sans doute plus efficace que de se forcer à changer radicalement ce que l'on n'aime pas chez soi, pour au final se casser la figure, parce que ça ne fonctionne pas comme ça.
Bien entendu, tout ce que je vous dis là reste entre nous, hein?
Il s'agit pour moi de partager mes pensées les plus intimes, qui n'ont probablement rien d'extraordinaire, mais qui font partie intégrante de mon année en Amérique.
Car c'est aussi une année de profonde remise en question que je m'accorde, et je compte bien en profiter pour redresser les petites choses de travers!
Je ne promets pas que je serai totalement différente à mon retour en France, et je ne l'espère pas non plus, mais si je parviens à vaincre une part de cette réserve pour me sentir plus libre d'être moi-même (même si ça signifie être une vraie débile!!) ce sera peut-être toujours ça de gagné, non?!
...A quand, l'émission 'Nouveau look pour une nouvelle vie' ?!
D'ici un prochain billet un peu plus folichon, je vous embrasse très fort ! :)
Aurore